Parcours en Beaujolais épisode 6 :
De l'herbe à gérer à gérer, et des salons pour respirer !

Le 18/06/2021 à 10:52
La gestion de l'herbe reste le gros chantier du moment.

QUE D'HERBE !...

Pas de grand changement depuis la dernière quinzaine : je cours toujours derrière l’herbe. J’avais sous-estimé l’impact sur mon activité de la reprise cette année de près d’un hectare, dont 6000 m² plus ou moins à l’abandon... Le soleil tape aussi plus fort qu’attendu en ce mois de juin, ce qui réduit mon temps de travail au cheval : vers 11h la jument est en nage. Bref, l’hypothèse d’un tracteur pour gérer les tournières et les chemins ne me semble plus si incongrue...

En tout cas, la vigne est belle, ni mildiou ni oidium à l’horizon. Second passage prévu sur les hauts en ce début de semaine, troisième sur les bas, en prévision du prochain épisode pluvieux.

Je constate que le gel a tout de même fait de gros dégâts : cornes perdues, bourgeons grillés nombreux, retard de croissance important. J’avoue avoir plus ou moins abandonné mes vignes les plus touchées : je ne vais pas sur-investir pour une récolte si maigre, un passage de rotofil suffira. On verra l’année prochaine. Je vais tenter d’obtenir une subvention pour compenser les pertes, sans trop y croire.

 

MILLÉSIME 2020 EN BOUTEILLES

La mise en bouteilles la semaine dernière s’est bien passée : Le Morgon «Heureux qui comme Ulysse» et «SabotAge» sont enfin à l’abri. «Sous le Sabot» attendra encore un peu. Météo idéale, bonne lune, bonne ambiance comme toujours. Je mets en bouteille sans filtration : c’est un petit risque, mais la filtration dénature trop le vin à mes yeux, lui enlève sa vitalité. Il faut être vigilant pour les dernières bouteilles trop chargées de lies, qui passeront en consommation personnelle. Une bonne tenue à l’air donc pas de sulfites ajoutés la veille.

J’ai utilisé des bouchons en liège aggloméré pour éviter tout risque de goût de bouchon. Le rendu esthétique n’est pas complètement satisfaisant (quoi de plus beau que du liège ?), mais le vin est normalement vraiment en sécurité.

> À relire :   dossier Biofil « Vinifier, panoplie pour le meilleur »

Olivier Renard a mis en bouteilles deux de ses cuvées.

BESOINS DE TRÉSORERIE OU MATURITÉ IDÉALE DES VINS VENDUS ?

La cave bien remplie est un peu trop montée en température ces derniers jours de quasi-canicule (18°C) : je vais installer une climatisation pour les périodes estivales. Le devis est salé pour une climatisation neuve, mais j’ai trouvé une bonne occasion que je ferai installer rapidement par mon cousin, contre quelques bouteilles.

Les finances sont encore trop tendues pour se permettre de grosses dépenses, et j’apprends qu’un copain vigneron est en train de se serrer la ceinture pour ne pas vendre trop vite ses premiers vins... J’y pense pour   mon Morgon : j’en ai peu, et il commencera à être en place dans quelques mois à peine. Mais les premiers salons sont là, les vendanges vont vite arriver, et le Morgon se vend bien...

Je vais couper la poire en deux : ne vendre mes Morgon qu’aux particuliers en 2021, en leur demandant d’attendre jusqu’en septembre pour le boire... Je ne suis pas sûr de m’y tenir (ni eux) !

 

LA BIOJOLEYNES : PREMIER SALON !

Au coeur du superbe bourg de Leynes, la place du village était à nous ce 12 juin, sous les platanes majestueux. Pas de contrôle tatillon ni de protocole grotesque : nous étions tous là en adultes responsables et libres, comme au bon vieux temps d’avant le Covid. Les jeux pour enfants, le concert et la fiesta du soir en moins.

J’aime ce salon qui regroupe la plupart des vignerons que je considère comme mes modèles : tous en bio bien sûr, la plupart en «méthode nature», et surtout de petits domaines à taille humaine. L’occasion de renouer le lien avec les clients, de déguster d’excellentes bouteilles chez les copains, et d’échanger sur les sujets du moment : vinifs, météo, envahissement général par la vesce, les dossiers «volatile», «soufre», «flavescence», l’annulation de la   Biojolaise   2021 et la forme à donner à la Biojolaise 2022, le gel bien sûr... Le sel de la vie de vigneron...

Premier salon pour Olivier Renard, à Leynes.

Olivier Renard.

LE PARTAGE D'OLIVIER :
Se préparer au marathon

Une tendinite ! Voilà une belle surprise. C’est handicapant surtout pour la pioche, la manipulation des bouteilles et des cartons, un peu moins pour le rotofil et le travail au cheval. Espérons que pour les vendanges, ça sera passé. Un ami me disait que l’année du vigneron est un marathon qui démarre à l’automne, et qu’il faut savoir se préserver jusqu’à la fin des vendanges, la dernière ligne droite. J’espère que mes quelques jours de vacances en août me permettront de franchir la ligne d’arrivée sans trop de douleurs !